Focus sur le statut d’auto-entrepreneur

Alors que sa fusion avec le régime des micro-entreprises vient d’être repoussée de 4 ans, l’auto-entreprise compte désormais 1 million d’adeptes selon l’Observatoire de l’Union des Auto-entrepreneurs. Lorsque l’on débute une activité de freelance, le choix du statut juridique est aussi crucial qu’angoissant. Si le régime des auto-entrepreneurs, à sa création, paraissait très tentant pour un début d’activité, il est désormais très controversé. Zoom sur les différentes caractéristiques de ce statut subversif !

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L’auto-entreprise : comment s’enregistrer ?

Si vous n’êtes pas un fanatique de la paperasse, ce point saura vous séduire. Les démarches peuvent être faites en ligne. Il faut avoir une pièce d’identité, quelques minutes devant vous, et le tour est joué ! Toutefois, les artisans et les commerçants doivent désormais s’inscrire également au Répertoire des Métiers ou au Registre du Commerce des Sociétés selon leur activité.

L’auto-entreprise : pour quelles professions ?

Libéraux, artisans, commerçants…A priori chacun est le bienvenu dans le grand monde de l’auto-entreprise. Soyez toutefois vigilant, certaines activités liées à l’immobilier ou à la location de biens, sont proscrites. Pour vérifier cela, ne vous perdez pas dans la multitude de sites sur le régime, la plateforme de référence c’est lautoentrepreneur.fr. Gardons à l’esprit également, qu’il faut être absolument légitime (formations, expériences) pour prétendre à une activité particulière. Par exemple, impossible de devenir esthéticienne, sans formation d’esthétique.

L’auto-entreprise : un complément d’activité ?

Oui ! Ce statut peut tout à fait s’adapter à une activité parallèle salariée. En revanche, si vous êtes engagé dans la direction générale d’une autre société, cela est parfois impossible. Par exemple, il est interdit d’être auto-entrepreneur et gérant majoritaire d’une SARL. A l’inverse, être Président d’une SAS est autorisé, car en cette qualité vous êtes salarié, et ce même s’il s’agit de votre entreprise.

L’auto-entreprise : en duo, est-ce possible ?

Oui… mais non ! Si l’association d’auto-entrepreneurs est formellement interdite, dans les faits, le statut permet en revanche l’embauche de salariés. Pourtant avec un plafond de C.A de 32 900€ pour les prestations de services et de 82 200€ pour la vente de marchandises, les conditions financières pour une embauche en bonne et due forme, paraissent vraiment impossibles compliquées. En effet, si recrutement de salarié il y a, automatiquement l’auto-entrepreneur doit s’acquitter de charges sociales. Pas de panique, en cas de pic d’activité, l’auto-entrepreneur peut tout à fait engager un stagiaire pour venir à sa rescousse.

L’auto-entreprise : les plafonds de chiffre d’affaires

Zen restons zen… les plafonds proratisés peuvent paraître un concept un peu abstrait, mais ne vous fiez pas aux apparences, il n’y a rien de bien compliqué. En effet, les plafonds (32 900€ pour les prestations de services et de 82 200€ pour la vente de marchandises) correspondent à 12 mois d’exercice. Pour faire simple, si vous commencez une activité le 1 décembre, impossible de signer un contrat de plus de 2 740€ pour les prestataires de service ou de plus de 6 850€ pour la vente de marchandises. En revanche, sur une année complète, cela ne signifie pas que vous ne devez pas dépasser ces montants mensuellement. A vous donc de répartir votre C.A comme vous le souhaitez sur l’année complète tant qu’il ne dépasse pas les plafonds.

L’auto-entreprise : quelles charges financières ?

Les cotisations sont calculées en fonction du chiffre d’affaires réalisé, et non des bénéfices. Le site lautoentrepreneur.fr propose un tableau très clair pour estimer les charges applicables aux différents auto-entrepreneurs :

S’ajoute à ces cotisations (réglables mensuellement ou trimestriellement), la CFE (contribution foncière des entreprises) pour certaines activités seulement, et ce, dès la 2e année d’exercice. Attention, vous ne recevrez pas de courrier vous invitant à la régler, tout se passe sur impots.gouv.fr. Le Centre des Finances Publiques duquel vous dépendez, pourra vous éclairer sur ce point. L’un des avantages du statut est de pouvoir prévoir exactement les charges précises en fonction du C.A réalisé.

Vous l’aurez compris, le statut de l’auto-entrepreneuriat est tout à fait séduisant pour un début d’activité et pour tester une idée de business. En cas de succès, il atteint malheureusement rapidement ses limites… Heureusement plein d’autres statuts juridiques vous tendront alors les bras !